La liberté d’expression est un droit humain, précieux et fondamental. Mais battu en brèche de multiple façon, par certains qui se disent défenseurs de la liberté, mais n’en ont en fait cure ; voire la redoute, lorsqu’il s’agit d’autres.
Ici, on peut parler de tout… !
La liberté d’expression, de parole, est précieuse ! Même si elle est de plus en plus réduite, car passant sous les fourches caudines de certains types de doxa.
« Ce que vous dites est grave ! ». Ce à quoi je répondrais, « non, ce n’est pas ce que je dis qui est grave, mais bien le fait dont je parle qui l’est ! »
Sauf qu’il faut raison garder : on ne peut pas dire ‘tout et n’importe quoi’, en particulier n’importe quoi, sous prétexte de liberté d’expression. La parole est un acte, comme la pensée en est une forme. Un acte qui va forcément avoir des conséquences. Elles peuvent être heureuses comme malheureuses, c’est selon.
Mais qu’est-ce que la liberté d’expression ?
Beaucoup de chose sont dites à ce propos, notamment du grand n’importe quoi. En voici une définition :
« La liberté d’expression est le droit fondamental de chacun à exprimer ses pensées, opinions et convictions, sans crainte de censure ou de répression, dans les limites du respect d’autrui et de l’ordre public. Une saine liberté d’expression ne se confond pas avec la diffamation, l’incitation à la haine ou la désinformation ; elle s’épanouit dans la responsabilité, le dialogue et l’écoute, permettant à chacun de contribuer au débat public dans un esprit constructif et respectueux. »
Telle en est la définition unaniment accepté, mais dans un cadre de réelle démocratie. On en retrouve d’ailleurs le concept cité dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »
Ainsi que dans l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) de 1966, qui y met quelques restrictions, dites nécessaires. Comme le fait de « respecter les droits ou la réputation d’autrui », ou encore de « protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publique ». Et c’est d’ailleurs là que le bât blesse, car également prétexte à certaines dérives autocratiques et autres formes dictatoriales, de limiter drastiquement cette liberté d’expression, pourtant droit fondamental. Quand dans certaines démocraties la Justice n’est pas carrément instrumentalisée pour faire taire celles et ceux qui gênes ou s’apposent.
C’est d’ailleurs un problème fondamental que soulignent de nombreux défenseurs des droits humains : la frontière entre la protection des droits d’autrui et l’instrumentalisation des restrictions peut être floue et fortement sujette à manipulation de tous ordres.
Raison pour laquelle, dans les sociétés (dites) libres, les restrictions doivent être encadrées par des institutions solides, transparentes et indépendantes, pour éviter ces dérives. La question est de savoir comment, dans les contextes démocratiques, cette liberté peut survivre face à certains lobbies, voire certains « mastodontes », ou des régimes devenus répressifs.
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux », disait Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique (citation apocryphe). Une phrase, souvent citée notamment en France en 2015 et dans les années suivantes. Et qui met en garde, avec raison, contre le danger de troquer les libertés individuelles contre une sécurité apparente.
Franklin souligne là qu’un tel compromis affaiblit à la fois la liberté et la sécurité sur le long terme, car en renonçant à des libertés essentielles, on finit par perdre le contrôle de sa propre sécurité, souvent au profit d’une autorité centralisée.
Elle est particulièrement utilisée dans les débats sur la surveillance, les droits civiques et les mesures de sécurité gouvernementales, montrant que sacrifier des droits fondamentaux, même temporairement, peut avoir des conséquences irréversibles.
En définitive, la liberté d’expression ne peut exister que si elle est protégée par un État de droit véritable, et non par des lois qui servent uniquement les intérêts d’une minorité puissante. Cela vous parle ?
Ici, il n’y a pas de sujet tabou !
C’est fort de le dire, de l’affirmer. Mais comme je ne dis jamais les choses en vain… ! Toutefois cela veut aussi dire, dans un parfait respect des droits d’autrui. Lequel passe par le fait d’être dans le non-jugement, la bienveillance, et la compréhension. Mais peut-on comprendre sans vraiment savoir ni même chercher à savoir ? Et cette bienveillance, cette belle forme de justesse, peut-elle l’être si on ne l’a pas envers soi-même ?
« La liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence ».
Postulat, philosophique et en droit, qui illustre très bien cette conception essentielle de la coexistence des libertés dans une société. Elle pose le principe que la liberté individuelle n’est jamais absolue, mais doit être conciliée avec celle des autres, dans une sorte d’équilibre réciproque.
Discussion
Sur le plan philosophique, cette idée renvoie à la pensée de John Stuart Mill qui, dans son ouvrage De la liberté (1859), développe la notion selon laquelle la liberté individuelle doit être garantie tant qu’elle ne nuit pas (réellement, fondamentalement) aux autres. Mill soutient que chacun doit être libre de poursuivre son propre bien à sa manière, à condition de ne pas porter atteinte aux droits ou au bien-être d’autrui. Ainsi, les restrictions à la liberté sont justifiées non pas par une volonté d’oppression, mais par la nécessité de protéger les autres contre des actions (réellement) nuisibles (et non pas supposées). Cela inscrit la liberté dans une dynamique de responsabilité sociale.
Du côté du Contrat social développé par Jean-Jacques Rousseau, cette maxime prend une autre dimension : la liberté est possible dans le cadre d’un pacte entre individus qui acceptent de limiter certaines de leurs libertés afin de garantir l’harmonie collective. L’individu, en tant que membre de la société, abandonne une part de sa liberté naturelle pour obtenir la liberté civile, celle d’être protégé par les lois et les règles communes.
La tension entre liberté individuelle et responsabilité envers les autres fait également écho à la pensée de Kant, pour qui la liberté n’a de sens que si elle s’inscrit dans la moralité (ce qui est différent de la bien-pensance), c’est-à-dire le respect d’autrui en tant que fin en soi. Pour Kant, la maxime « agir de telle sorte que la liberté d’autrui soit respectée » est un impératif moral, dans lequel l’idée de justice et de respect des autres est au cœur de l’exercice de la liberté.
Enfin, Simone de Beauvoir, dans une approche existentielle, souligne que la liberté n’est pas un état, mais un mouvement constant d’interaction avec les autres. Elle écrit dans Le Deuxième Sexe que « la liberté de l’homme ne peut s’épanouir que dans la mesure où elle trouve une réponse dans celle de l’autre ». Ainsi, ma liberté est toujours en dialogue avec celle d’autrui. Et cet échange exige respect ainsi que reconnaissance mutuelle. Lesquels ne peuvent se fonder que sur une réelle connaissance et compréhension de l’autre, voire de sa culture.
Pour en revenir à cette maxime « la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence », elle met en lumière une réalité incontournable : l’exercice de la liberté individuelle doit être encadré par des règles sociales et éthiques, sans quoi elle dégénère en abus. Ethique, un maître-mot ! La vraie liberté consiste donc à trouver cet équilibre entre l’épanouissement personnel et le respect de l’autonomie des autres, du droit fondamental des autres, dans une société qui veille à protéger les droits de chacun tout en préservant l’ordre collectif.
C’est d’ailleurs ce qui caractérisait le concept de laïcité : un cadre où la liberté de croyance et d’expression s’exerce sans empiéter sur celle des autres, dans le respect des convictions de chacun, tout en garantissant la neutralité de l’État. Laïcité qui n’imposeait certainement pas l’effacement des différences, l’uniformisation, et encore moins le rejet, mais bien une réelle coexistence pacifique. En veillant à ce que les croyances personnelles soient pleinement respectées, mais ne dictent en rien les règles communes.
En conclusion ?
Vous l’aurez aisément compris, ici on peut parler de tout, en toute confidentialité. Ce site se veut même être un espace d’échange, d’oxygénation, et de liberté. Dans un strict respect des règles de courtoise et bienséance, s’entend.
Votre avis ?
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